A l'heure où la crise exacerbe la sensibilité des consommateurs sur les questions du pouvoir d'achat, l'enquête réalisée par le magazine 60 millions de consommateurs daté du mois d'avril et l'Institut national de la consommation (INC) pourrait crisper l'opinion publique sur les pratiques de la grande distribution.
Intitulé 'Des formats éco qui ne le sont pas', l'article, fondé sur les témoignages de clients et une étude interne, liste une série de produits populaires - paquet de cornflakes, biscottes, café ou thé... - pour lesquels les grands formats sont vendus comparativement plus cher que les petits formats. La différence est visible sur le rapport du prix au kilo, dont la mention est désormais obligatoire dans les grandes surfaces.
'Dans mon hypermarché Auchan, je constate qu'il est moins cher d'acheter deux paquets de céréales Spécial K de 375 grammes (5,73 euros) qu'un paquet de 600 g (6,50 euros le kilo)', signale ainsi une lectrice du Val-d'Oise.
'Il ne s'agit pas d'un phénomène marginal, précise Marie-Jeanne Husset, rédactrice en chef du magazine. L'enquête s'est concentrée sur les produits du petit-déjeuner, mais nous avons reçu des témoignages sur tous les produits.' A Paris comme en banlieue ou en province, le constat est le même.
La pratique n'a rien d'illégal. Les prix sont fixés librement. Mais pour le consommateur, la situation est d'autant plus choquante que les produits sont très souvent étiquetés 'format économique'.
D'où vient le problème ? Les industriels se défendent de pratiquer des prix incohérents. La faute reviendrait donc aux distributeurs. Cherchent-ils à préserver leurs marges en ne baissant que les prix des produits les plus en vue ?
Pour la profession, la polémique est malvenue. La plupart des distributeurs disent en effet se battre contre la vie chère. Lors des négociations tarifaires avec les industriels, qui viennent de se clôturer, ils ont accusé ces derniers d'avoir imposé des hausses de tarifs, les empêchant de faire baisser les prix.
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